Biographie d'Achille Lacroix (1893-1944)

 

Né à Castelnau-de-Guers (Hérault), collégien et bachelier à Pèzenas, élève de l’école de santé militaire à Lyon, il opte pour la médecine libérale à la Faculté de Médecine de Montpellier.

Lors de la Première Guerre Mondiale, il est mobilisé dès 1914 et rejoint le front. Breveté aspirant en septembre 1916, il reprend sa place au combat. En 1918, il est cité à l’ordre de l’armée pour son courage comme chef de section lors de trois assauts victorieux. Il obtient son diplôme de médecin en 1923 et s’installe à Narbonne où il acquiert une grosse clientèle et une parfaite réputation professionnelle.

 

Elu maire socialiste de Narbonne de 1925 à 1940, successeur de Ferroul (mort en 1921), il joue un rôle de premier plan dans les circonstances politiques qui accompagnent les mandats de Léon Blum comme député de Narbonne en 1929, 1932 et 1936. Son passage à la mairie se traduit par de nombreuses réalisations sociales et notamment par la construction, en 1938, d’un Palais des Sports et du Travail.

Il est, avec Ferroul, la personnalité la plus marquante de l’histoire de Narbonne, dans la première moitié du XX°siècle.

Achille LAcroix 01Achille Lacroix dans son cabinet de travail.

 

En 1939, il est médecin-major capitaine au service de santé de la XI° Région et se dépense sans compter, à tel point qu’il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, distinction qui s’ajoute à la Médaille Militaire et à la Croix de guerre.

Lacroix et BlumAchille Lacroix au côté de Léon Blum, photographié vers 1936

 

Destitué par le gouvernement du maréchal Pétain à Vichy en novembre 1940, il lance, dès 1942, les bases de la Résistance narbonnaise en ralliant le mouvement Combat. Bien que se sachant menacé d’arrestation, mais ne voulant pas abandonner ses malades, il anime ce mouvement de résistance jusqu’à son arrestation par la Gestapo en décembre 1943. Il est déporté en Allemagne et on reste sans nouvelle de lui pendant dix-huit mois. On apprend en 1945 qu’il est mort le 12 juin 1944 au camp de Leitmoritz en Bavière, près de la frontière tchèque, quelques jours après le débarquement qui annonce la victoire sur le fascisme.

 

Texte établi d’après Lucien MAURY, La Résistance audoise (1940-1944), Comité d’histoire de la Résistance du département de l’Aude, Paris, 1980.